GALERIES

Galerie Annie Gabrielli

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- Entretien avec Annie Gabrielli -

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 Qu’est-ce qui vous a séduit dans le métier de galeriste ?
Ce qui m’a séduit et me séduit encore dans ce métier, c’est avant tout les rapports humains, les échanges. C’est bien sûr le choix des artistes, le montage des expositions mais aussi l’ambiance que la galerie crée entre le public, les artistes et les collectionneurs. De plus, ce qui est passionnant, c’est de nouer des relations de confiance avec les artistes et de les accompagner sur le long terme.

> Qu’est-ce qui différencie un artiste d’un amateur ?
Ce qui différencie un artiste d’un amateur, ce sont le statut, la démarche et l’engagement artistiques. Artiste est un métier, un choix de vie où il tente de vivre uniquement de son art (même si des artistes ont parfois recours à un travail « alimentaire ») et d’obtenir une reconnaissance, indépendamment du médium. Pour l’amateur, la photographie est une activité de loisir et la technique une règle de l’art.

Qui présentez-vous à fotofever paris 2017 ? Pourquoi ?
Je présente l’artiste Marc Gaillet qui, dans l’ensemble de son travail, dénonce la banalisation des armes de guerre et la capacité inexorable de l’Etre Humain à répéter l’incommensurable. Dans une illusoire légèreté, il nous place dans une double lecture, faite d’émotions et d’interprétations contradictoires : ce que nous voyons au premier regard n’est jamais ce que nous comprenons finalement ni ce que nous savons: quand la vanité se compose de petits témoins de l’enfance (petits soldats composant le crâne rouge de Game Over), quand l’arme se pare de couleurs gourmandes qui évacuent la violence (grenade rose vif saturé, nimbée de paillettes de Candy Boom Boom), quand la proie s’humanise en laissant entendre qu’elle est le chasseur (tigre en pleine nature avec sa valise recouverte d’une peau identique à la sienne, dans Voyage au bout de l’enfer 1) et quand il ne subsistera plus que les résidus de nos pratiques guerrières (Kalachnikov se fondant dans mousses et lichens de Human Nature)... Il nous donne à voir des signes, des symboles appartenant à l’imaginaire collectif et à une imagerie usuellement stéréotypée. Il nous déplace dans nos représentations, comme dans nos habitudes perceptives. Les reconfigurations du réel, ou « trompe-réel » de Marc Gaillet, sont là pour nous rappeler la duplicité de la photographie et pour nous inviter à toujours regarder au-delà des apparences, par-delà la fascination.